Berger allemand

Berger allemand

Région : Allemagne

Taille : 55 à 65 cm, taille moyenne  

 Poids :  30 à 40 kg

Poil : Double avec sous-poil, dense

Robe : Noire et brun-rouge, brun-jaune ou bien noir et gris

Tête : Cunéiforme, stop pas très prononcé, truffe noire

Yeux : En amandes, obliques, foncés

Oreilles : Droites, de taille moyenne, pavillon vers l'avant

Queue : Portée tombante décrivant une légère courbe

Caractère : Vigilant, pondéré, courageux

Le berger allemand (également appelé berger alsacien) est une race de chiens tirant son nom de son pays d'origine, l'Allemagne, où elle est apparue à la fin du XIXe siècle. La fédération cynologique internationale le reconnaît sous le nom de deutscher Schäferhund.

En 1878, les éleveurs allemands de chiens à aptitudes bergères réalisent une première tentative de regroupement dans un but d’amélioration de leurs chiens. Ceux-ci sont très variés d’un point de vue phénotypique, notamment selon les régions : par exemple, le type Wurtemberg porte les oreilles droites, alors que celui de Thuringe a les oreilles tombantes. Il existe également des chiens différents en Bavière ou dans la Hesse. Mais leur principal point commun est leur caractère qui fait d’eux de bons gardiens de troupeaux et de biens : intelligence, obéissance, vigilance, incorruptibilité. On retrouve également chez tous robustesse et rusticité puisque jusqu’alors la sélection empirique qui a été réalisée ne visait qu’à obtenir de bons chiens de travail. En 1891, les éleveurs, et notamment le comte von Hahn et le capitaine Riechelmann, établissent un premier livre généalogique et tentent d’établir une société, le Phylax, mais le projet n’aboutit pas.

C’est le capitaine de cavalerie Max Emil Frédéric von Stephanitz qui fut le véritable père de la race. Après avoir longtemps admiré les aptitudes des chiens de berger, il décide d’en acheter un le 3 avril 1899, qu’il rebaptisera Horand von Grafath. Celui-ci est gris et jaune, plutôt de type berger de Thuringe (mais à oreilles droites). Von Stephanitz et Arthur Meyer créent ensuite le club de race le 22 avril 1899 à Karlsruhe (Verein für deutsche Schäferhunde ou SV), le capitaine sera à sa tête pendant 35 ans.

Le 28 septembre 1899 est publié le premier standard de la race, et en 1900, Horand inaugure le livre des origines du SV (Zuchtbuch). Ce qui fera plus tard la force de la race, c’est la largesse de ses dirigeants dans la première définition du berger allemand : « tout chien de berger vivant en Allemagne qui, grâce à un exercice constant de ses qualités de chien de berger, atteint la perfection de son corps et de son psychisme dans le cadre de sa fonction utilitaire ». Les buts sont clairs, c’est donc par et pour le travail que la sélection du BA commence.

Le club présente rapidement une activité importante et organisée. Dès 1902 un journal est édité pour tous ses membres, et en 1903 un registre de sélection voit le jour avec la compilation des performances des reproducteurs. Les progrès furent rapides car bien dirigés à l’échelon national et bien suivis par les efforts des éleveurs (1215 membres en 1906). On commença à rechercher des femelles du même type et à organiser des expositions pour uniformiser la race, et notamment une exposition nationale d’élevage qui permettait à tous les éleveurs du pays de choisir des reproducteurs homogènes.

Peu à peu on trouva au berger allemand d’autres utilités que la garde des troupeaux (ceux-ci ayant vu leur effectif diminuer). Ses qualités de robustesse, son flair hors pair et son obéissance à toute épreuve encouragèrent la police allemande à l’utiliser. En 1914, le SV et l’armée organisent une démonstration des possibilités du BA en temps de guerre, à laquelle il paya ensuite un lourd tribut.

Dès 1910, l’importation de bergers allemands commence en France et augmente d’année en année : 4132 chiens arrivent en France au cours du premier semestre 1912. C’est Georges Barais (élevage de Beauchamps) qui tiendra une place capitale pour le berger allemand en France. Il crée en 1913 le club du berger d’Alsace puis, en 1920, la Société du Chien de Berger d’Alsace (SCBA) qui structure réellement l’élevage. Dès sa constitution, celle-ci édite un bulletin mensuel malgré les faibles moyens de l’époque. Le 7 mars 1920 une première exposition de berger d’Alsace a lieu à Bordeaux, jugée par Georges Barais, et le compte-rendu de la journée est déjà disponible dans le bulletin du 1er avril.

Adolf Hitler a possédé un premier berger allemand dès 1921. Cependant il fut forcé d'envoyer le chien vivre ailleurs ; celui-ci s'échappa et rejoignit son maître. Hitler développa dès lors un grand respect pour cette race de chiens[1]. Il posséda par la suite une chienne berger allemand nommée Blondi qui lui fut offerte en 1941.

En 1922, l’examen de Körung est mis en place pour la sélection des reproducteurs ; ceux qui sont déclarés aptes à la reproduction sont inscrits dans le Körbuch. En 1926, le livre des origines compte déjà 346 000 chiens inscrits ! Dans les années 50, l’épreuve du coup de feu et le test de caractère font leur apparition. Le SV est renommé pour le dirigisme qu’il impose à l’élevage : nombre de saillies limité, choix de l’étalon en accord avec le surveillant d’élevage, interdiction de faire saillir une femelle recommandée par un mâle non recommandé… Toutes ces mesures visent à guider la sélection pour le mieux.

Katzmair et Funk succèdent à von Stephanitz, puis le Dr Rummel en 1971. En 1974, est créée l’Union mondiale des Associations de Berger Allemand (WUSV), grâce à la volonté de regroupement du Dr Rummel, qui encourageait « un dialogue fructueux, aussi bien pour l’élevage que pour l’utilisation ». En 1982, Hermann Martin (élevage von Arminius) devient président du SV. Le premier championnat de travail WUSV se déroule à Munster du 16 au 18 septembre 1988. En 1994, Peter Messler prend la tête du SV jusqu’en décembre 2002 ; lui succède alors Wolfgang Henke.

Les membres du club font preuve de beaucoup de motivation et de dynamisme pour voir évoluer leur race. Ils se retrouvent très fréquemment lors de réunions pour parler de leurs chiens. Ce n’est que le 8 octobre 1922 que les Français reconnaissent officiellement l’origine allemande de leur chien favori (ils considéraient auparavant que cette race française avait été volée par les Allemands en 1870) et la SCBA devient la Société du Chien de Berger Allemand. Elle tient son livre d’élevage et publie des pedigrees jusqu’en 1958 (création de la SCC). Lorsque Georges Barais disparaît en 1955, c’est Marcel Olive (élevage de Fort-Réal) qui lui succède.

La SCBA a été et reste le premier club de race français. Elle aligne sa politique d’élevage sur le pays d’origine pour obtenir les meilleurs résultats possibles.

En Italie, le premier berger allemand s’appelait Olaf von Hohen Fichte, et fut importé en 1949 par Danzio Gobbi (titulaire de l’élevage de l’Alta Quercia, il importa aussi par la suite le célèbre Mutz von Pelztierfarm). A la même date, Leonardo Gatto Roissard (élevage di Casa Gatto) et le Dr Ignazio Barbieri fondèrent le club du berger allemand à Milan, transféré ensuite à Modène en 1969 par le Dr Walter Gorrieri (élevage di Val del Tiepido). Ce dernier constitua en 1977 le SAS (Società Amatori Schaferhünde), qui est le club de race actuel. Le nombre d’inscription au LOI passa de 2.492 (en 1949) à 5.222 (en 1969). C’est dans les années 1970 que les chiffres explosent : 28.857 naissances en 1976 ! Ce record a ensuite subi une diminution et s’est stabilisé depuis les années 1990. Les élevages cités sont ceux qui ont le plus marqué les années de 1965 à 1975, plus tard on peut noter l’importance des affixes : di Cà San Marco (F. Dolci), del Catone (S. Capetti), di Casa Mary (W. Pagin), d’Ulmental (Francioni). Le président du SAS en 2003 est Ezio Roman, presque 6000 membres y sont inscrits. L’Italie a vu naître plusieurs grands champions et même plusieurs « Auslese » allemands, le plus célèbre étant certainement Max della Loggia dei Mercanti. L’élevage italien le plus présent actuellement au niveau international est certainement della Valcuvia de Luciano Musolino, surtout grâce au chien Dux, qui a obtenu le titre d’« Auslese » en Allemagne en 2001. (Le qualificatif « Auslese » est attribué tous les ans lors des Nationales d’Elevage des différents pays aux meilleurs chiens des classes "ouverte" mâles et femelles, sur décision du juge qui décèle en eux des qualités plus qu’excellentes, voire exceptionnelles).

En 1958, la première exposition nationale d’élevage a lieu à Vichy, avec rapidement l’instauration des tests au coup de feu et des dépistages de la dysplasie de la hanche. Depuis 1978, un test de caractère est également mis en place. Ce rassemblement fut d’abord dénommé exposition principale d’élevage, avant de devenir en 1987 l’exposition nationale d’élevage (définition de la SCC). Depuis 1989, elle a lieu chaque année en un lieu différent.

Aux États-Unis, il semble que le premier BA ait été ramené sur ce continent par le sergent Lee Duncan, qui avait vu les exploits de ce chien pendant la Première Guerre mondiale. La race atteint toute sa notoriété grâce au succès de son chien dans la série "Rusty et Rintintin". Le club fut fondé en 1913 par S. Hastead Yates. Il mena une politique différente de celle des européens en privilégiant la beauté au travail. Avec 25.000 inscriptions au livre des origines en 1926 et plus de 100.000 en 1970, on peut dire que le BA y tient aussi une place très importante.

En Espagne, le club de race du berger allemand fut fondé par un groupe de soixante personnes le 28 janvier 1978, avec comme premier président le juge Andres Choclan Martos. En 1988, il comptait 2.286 membres. Actuellement, le président est Manuel Martin et il compte 3.000 adhérents. Les éleveurs espagnols ont su utiliser des reproducteurs d’origines variées : allemands, italiens, français, puis espagnols

Le berger allemand est particulièrement fidèle à ses maîtres et obéissant. Il fait preuve d'une grande intelligence et est très discret. Il peut aussi être un très bon chien de garde. Il faut le dresser fermement mais sans brutalité afin qu'il considère son maître comme un chef de meute. Un bon maître fera de son berger allemand un bon chien en le dressant correctement et non en le dirigeant.

C'est un chien d'extérieur, qui apprécie les grands espaces et l'exercice. Il est sportif, gai, rigoureux, déterminé mais peut être aussi très peureux... A l'âge adulte le berger allemand est un chien qui se sent fort vis à vis de sa famille, il protège donc instinctivement les plus faibles de celle-ci, c'est-à-dire, les enfants.

 

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